À propos

Photographie © Yann Theveniaud

« Anouck Faure semble manifestement inspirée au plus profond d’elle-même par les paysages de son enfance, où l’océan embrasse la roche des montagnes et les racines des mangroves. […] Avec un talent affirmé, […] elle s’exprime picturalement, tant à la plume qu’à la pointe, au travers de l’eau-forte, pour décrire ses propres paysages intérieurs. »

Un voyage de plume et de pointe,
Gérard Robin, Manifestampe

La première impulsion vient de la mer. Il y a ce paysage mental qui n’existe qu’à l’intérieur du crâne, et il est inféodé au souvenir des eaux obscures, insondables, de l’océan Pacifique, au vertige que provoque la contemplation de l’infini et de l’informe.

Originaire de Nouvelle-Calédonie, Anouck Faure vit et travaille à Paris. Sa pratique se centre autour du dessin à l’encre et de la gravure à l’eau-forte, explorant les textures et richesses du noir et blanc. Les inspirations océaniennes se mêlent aux mythes cosmogoniques pour tisser un imaginaire enchevêtré, issu des formes de son île natale. Son travail se nourrit d’influences contemporaines telles que Fred Deux, Cécile Reims, Giuseppe Penone, Pierre Soulages, mais également des graveurs des siècles passés, de Rembrandt à Goya.

Ses œuvres expriment un paysage intérieur intime qui se construit de souvenirs, d’observation, et s’enrichit des nouveaux espaces rencontrés, des montagnes d’Auvergne aux forêts du Gâtinais. Les racines, récurrentes dans son travail, y symbolisent le lien émotionnel qui unit une personne à son sol, le rapport à la nature omniprésente des mythes océaniens.

Détentrice d’un master en arts plastiques des Écoles de Condé, Anouck s’initie à la gravure aux Ateliers Moret à Paris. En 2018, elle expose à l’espace Carpeaux, à Courbevoie, et effectue une résidence artistique au Centre culturel le Bief à Ambert, qui donnera naissance à un livre d’artiste présenté au Salon du livre rare de Paris, au Grand Palais. Anouck participe ensuite à la Biennale de l’estampe contemporaine en Val-de-Loing en juin 2019, puis en novembre à la Biennale internationale de la gravure de Sarcelles. La Fondation Charles Oulmont lui attribue en fin d’année un de ses deux prix d’arts plastiques de l’année 2019, récompensant un travail « onirique, très libre et en même temps d’une grande précision […], qui établit une passerelle entre les graveurs de la Renaissance et les dessinateurs de bande-dessinée du 21ᵉ siècle. […] Ceci tout en explorant les racines spécifiques et complexes qui sont les siennes. ».